L'ILE DE RAIVAVAE, entre hier et aujourd'hui.
Raivavae, anciennement nommee Vavitu, est une ile peu connue des europeens qui montrent quelques difficultes a la positionner sur une carte, et pour cause, elle emerge en plein milieu de l'ocean Pacifique aux coeur meme de l'archipel tres etalle des Australes, appartenent a la Polynesie francaise. Pour etre plus precis a 23*52' de latitude sud et 147*40" de longitude ouest. Elle n'est pas bien grande et sa silhouette ressemble etrangement a Bora-Bora, d'ou son surnom justifie aussi par la beaute de Raivavae, "la Bora-Bora des Australes"! Allongee d'est en ouest, mesurant 8,5 km de long pour 2,3 km de large, 1500 habitants se repartissent au bord de la route qui ceinture sur 22 km, le relief montagneux (point culminant, encore un mont Hiro, a 432 m). Quelques maisons aussi en debut de la route traversiere, de part et d'autre, sont a l'ecart des quatres villages Rairua, Mahanatoa, Anatonu et Vaiuru.
LES LEGENDES DE RAIVAVAE
Si tout ce qui est ecrit sur la Raivavae d'autrefois est vrai, alors elle porte bien son surnom de l' "ile de passion". La memoire de l'ile parle de batailles epouvantables et de rites erotiques, incontestablement la vie sur Raivavae a jadis developpe une civilisation tres originale basee sur deux poles essentiels mais opposes: la procreation et la destruction, donc l'amour et la mort. Voila un exemple du "tout ou rien" qui illustre bien l'ensemble des contrastes que continue a nous offrir l'ile d'aujourd'hui! Pour donner un exemple de la vie de tous les jours, nous aimons assister a la transformation d'une Vahine aux rondeurs debordant du tee-shirt et au pas non-chalant trainant la tong, en une creature aux dehanchement charmeur, longue chevelure soignee contrastant avec les couleurs d'une robe seyante, la fleur a l'oreille et le colier vegetal autour du cou..vous vous dites que "ce ne peut pas etre la meme!".
A travers la lecture de ces petites legendes, qui peuvent paraitre simplistes a premiere vue, quelque chose de bien plus "profond" emerge...cette ile a un petit cote etrange qui la differencit du reste de la polynesie. Si les ethnologues ont mis l'etrangete sur le compte d'une certaine recherche du plaisir et des celebrations inedites inconnues dans les autres archipels (etude contestee par les descendants qui entre temps ont change de religion!), de notre cote, a l'heure ou l'ile passe ses journees a regler la parabole ou suspendu au portable, mange du riz et du cornef beef sauce a la baguette de pain, danse au rythme du tamoure ou s'entraine a la pirogue uniquement pour le fric, fume du pakalolo et s'imbibe de Hinano pour les plus jeunes qui s'amusent a defier les deux representant de l'ordre francais, traine la tong jusqu'au quai ou a l'aeroport pour voir ce que le fret contient de materiel pour eux et se montre a l'eglise pour avoir droit au "salaire" du bondieu, nous ne savons pas encore repondre a la question "mais qu'est ce qui vous plait a Raivavae?"! Heureusement, la Polynesie et surtout l'Ile de Raivavae d'aujourd'hui, ce n'est pas que ca! Pour nous, Raivavae est un resume de ce peuple maori venu de nul part (ce qui met tout le monde d'accord sur ces les histores des origines!) sur ces iles aux couleurs irresitibles, dans son ensemble, bien que nous soyons convaincus que chaque archipel possede sa "signature"...Mais il serait trop facile de mettre en avant un si naif resume! Ce doit etre autre chose!
Pour etre honnetes, nous ne savons pas encore pourquoi nous sommes ici depuis bientot deux mois alors que nous devions rester qu'une semaine en simple transit!
La raison, il faut sans doute la chercher ailleurs! Peut etre est-elle au milieu de ces petites legendes! Des legendes, il y en a certainement des tas qui vont s'endormir avec les anciens, tres difficile de les recueillir en effet entre l'obstacle de la langue, la peur ou la honte de les devoiler...C'est a la tradition orale que le peuple des iles a confie son histoire et il n'y a pas grand monde pour la retranscrire sur papier. Peut etre devons-nous nous contenter apres tout des gestes et des chants, du langage des mains et des corps dans les danses, lors des evenements festifs...ils en disent deja tres long!
TE MIMI (le chat)
Autrefois, a Raivave, les districts etaient souvent en guerre les uns contre les autres. Quand les habitants d'un village voulaient attaquer leurs voisins, ils passaient par la montagne et arrivaient chez l'ennemi par surprise.
Mais un jour, il devint impossible de s'aventurer dans la montagne. Un homme d'une force surhumaine surveillait tous les passages avec l'aide d'un chat, lui aussi, extraordinaire.
Dans un village, on decida de ruser pour passer. Des sentinelles furent placees pour surveiller cet etre inquietant qui faisait s'enfuir tous ceux qui s'approchaient de lui.
Un matin enfin, le guetteur apercut l'homme qui dormait. Il s'approcha et le tua d'un grand coup de lance. Pres de lui, le chat miaulait, il s'en saisit et le lanca violemment sur un rocher situe pres de la. La forme du chat s'inscrivit sur le rocher.
De nos jours, cet endroit s'appelle "TE MIMI". On peut le voir en passant par la traversiere.
Difficile de date cette legende On pourrait situer cette histoire juste avant l'introduction du christianisme sur l'ile, lors de la visite du roi Pomare accompagne d'un pasteur. C'etait en 1819. Le pasteur dit alors:"Qu'il n'y ait plus la guerre. Cessez de vous combattre. Faites la paix, car c'est une bonne chose." Les Raivavae repondirent (sans doute en coeur avec des oreoles au dessus de leur tete!):"Nous sommes d'accord. La paix est faite. Si nous avions ete seuls, jamais la paix n'aurait pu etre obtenue. Vous arrivez et avec vous, la paix et l'ordre. Vous avez le pouvoir; c'est vous qui gouvernez ici a Raivavae. Cette ile est a vous." Incroyable! Nous laissons a chacun le plaisir d'analyser une telle repartie! Vous reconnaitrez quand meme qu'il est difficile d'imaginer de telles forces de la nature que sont les maoris, hommes comme femmes, qui semblaient s'entretuer pour un oui et pour un non, en bons petits moutons de panurge tout d'un coup d'eguises par le Saint Esprit, enterrer leur hache de guerre a la premiere bonne parole dite et offrir meme leur ile au premier etranger venu, alors qu'ils tenaient a leurs terres comme a la prunelle de leurs yeux....Et bien meme, si la paix dans le monde ne tenait qu'a ca, voila qui laisse reveur!
A cette epoque, il n'existait pas encore ce chemin que l'on nomme de facon pratique "la traversiere" et qui relie la plaine de Rairua sur la cote nord a celle de Vaiuru sur la cote sud, route empruntant le col entre les monts Raraterepa et Taraia. Pour avoir crapahute a plusieurs reprises sur la crete et les sommets de l'ile, la machette a la main, quelle galere et quelle aventure cela devait etre de progresser dans les entrelassements plus ou moins pourris des branchages du Purau, dans les forets de Aito, au milieu des fougeres etouffantes ou coupantes, des goyaviers naissants et des bouquets serres de bambous, dans les bananeraies peu entretenues et les tarodieres boueuses ou inondees, sur les pics rocheux tres instables surplombants les eboulis et les falaises...Comment se fait-il qu'ils n'aient pas eu l'idee de se prendre pour des oiseaux!
Tiens! Apparait un chat dans l'histoire. D'apres la litterature, il semblerait que le chat soit le descendant de felins amenes en Polynesie par les premiers voyageurs europeens, au meme titre que le lapin (non recence, je crois, a Raivavae), les bovides, les ovins, et les caprins. Le chien est arrive en meme temps que le cochon, sur les premieres pirogues, destines tous deux a l'alimentation. Au sujet des chats, contrairement aux autres archipels de la Polynesie ou chiens et chats sont battus et rejeter pour une errance malsaine, nous avons vue d'avantage de douceur dans les gestes des Raivavae qui considerent le chat comme animal de compagnie. Les chiens qui appartiennent ici a toute la famille, conservent quand meme la queue entre les pattes et le regard craintif car les jeux des enfants maoris sont plutot brusques et sans respect.
La traversiere venant d'etre betonnee, nous n'avons meme pas eu le loisir de partir a la recherche du rocher legendaire car l'institutrice a marque sur le cahier des legendes qu'il n'existait plus! Lors des travaux, la legende du petit chat a ete purement et simplement "enterree" avec son rocher!
L'HISTOIRE DE AINU
Autrefois, a Raivavae, dans le district de Vaiuru, vivait un jeune homme nomme AINU. C'etait un garcon paisible qui avait un petit chien. Les villages de l'ile (Anatonu, Rairua, Mahanatoa et Vaiuru) etaient sans cesse en guerre et tous les habitants constamment en danger.
Un jour, Ainu decida d'aller vivre seul avec son chien dans la montagne, la ou personne ne viendrait le deranger. Il batit une petite cabane pour lui et son compagnon qu'il aimait beaucoup. Leur vie etait tranquille.
Ainu dressa son chien et lui apprit a obeir. L'animal grandissait rapidement. Quand il eut la taille d'un veau, Ainu l'entraina a apporter de l'eau. Il y avait, au bas de la colline, une source connue d'eux seuls. Ainu accrochait les recipients autour du cou du chien et celui-ci les ramenait remplis.
Un soir, voyant revenir son chien, Ainu fut etonne et inquiet de sa grande taille. Si plus tard la nourriture venait a manquer, cette bete le devorerait...Il eut peur. Le lendemain, pendant que son chien etait un peu eloigne, il perca les recipients.
Le soir, le chien partit accomplir sa tache. Ainu regagna son village. La pauvre bete, a peine revenue, s'apercut que les "Hue" etaient vides. Elle redescendit et refit le meme trajet. A La sixieme tentative, epuise, le chien abandonna et chercha son maitre...Personne...Apres une triste nuit, il s'elanca vers le village...La, Ainu etait acclame et assailli de questions. En voyant arriver le gros animal, il eut une grande frayeur mais le chien s'approcha, lui lecha le bras et le tira par son vetement pour qu'il revienne a la cabane.
Ainu comprit que son chien n'etait ni mechant ni dangereux. Quand l'homme mourut, l'animal l'enterra et pleura tres fort. Des gens l'entendirent et le decouvrirent. Dans ses sanglots, il disait: "Pauvre de toi, Ainu!". Pres de sa tombe commencait la pente par laquelle le chien allait a la source. Cette pente fut appelee "pente de Ainu". L'herbe n'y pousse pas. On peut toujours la voir.
Il ne faut pas oublier, comme le souligne le journaliste A.W.du Prel en conclusion de son dossier sur Raivavae dans le n.136 du Tahiti-Pacifique magazine, (reprenant les differentes etudes existantes dont celles de Stimson et Marshall, de Scott... ) que l'ile a ete victime, si l'on peut dire, de son encouragement a la procreation placant la population en expansion face aux limites des ressources. D'ou la division en tribus qui se firent des guerres repetees et meurtrieres pour controler les vallees fertiles. Les ruines des mara'e, des forts sur les cretes temoignent de cette rage de vouloir constamment detruire son voisin.
Aujourd'hui, l'ambiance est autre. Tout d'abord, la population est moins nombreuse et on ne voit pas trop comment elle pourrait augmenter lorsqu'on entend dire que , en gros, un couple sur deux part s'installer a Tahiti pour "faire de l'argent" (d'ou une maison sur deux ou sur trois abandonnees et malheureusement tombant en ruine, seuls les jardins continuent a etre entretenus par la famille voisine) et la garde des enfants, pour eviter les frais de garderie, sont confies aux grand-parents. Des enfants qui grandiront et qui quitteront eux aussi l'ile. Ils la quitte deja pour le lycee et pour d'eventuelles etudes sur Tahiti. Le jeune polynesien est aujourd'hui enormement tourne vers l'Europe. Juste un detail amusant, lorsqu'on croise un Raivavae de 25 ans et plus, "ia orana" reste le salut traditionnel et le mot clef au sourire, lorsqu'il sagit d'un plus jeune, il vous crierait presque "bonjour" fieremment, en evitant meme de rouler le "r" final!
Cette ile possede des sols volcaniques fertiles et continue de ce fait a proposer abondance et generosite, a meme les jardins, les bords de route et dans les carres cultives, sans parler des motus ou la coco, ramassee pour le lait de tous les jours, mais aussi pour les cochons, tombe et se replante presque toute seule.
Et puis, il y a la "goelette", le fameux "Tuhaa pe", le petit cargot atribue aux iles Australes. Meme s'il n'accoste Raivavae que tous les deux ou trois semaine, c'est largement suffisant pour compter sur le riz, les pates, les farines, les oeufs, les boites de conserve, les oignons et les pommes de terre, etc, bref, les produits de base. Il est vrai que le polynesien a un sacre coup de fourchette et mange toujours dix fois plus qu'un "popa" normalement constitue!
Cette peur de manquer de nourriture, donc, n'est plus d'actualite, les insulaires sont toujours pret a partager avec le visiteur, proclamant qu'il y a "trop" pour eux. Et puis, ils le disent qu'ils en ont marre de manger du "uru" (fruit de l'arbre a pain). Pourtant, on trouve ca si bon!
LA LEGENDE DE LA SORCIERE
Autrefois, a Raivavae, vivaient un homme et sa femme. Ils formaient un couple heureux. Ils avaient une petite fille qui s'appelait HINA.
Un jour, une maladie emporta la maman et l'homme se retrouva seul avec sa fille. Malgre cela, ils menaient une existence paisible dans le district de Mahanatoa.
Tous les soirs, cet homme encore jeune partait a la peche en laissant sa petite fille toute seule dans leur demeure.
Quand Hina eut seize ans, son papa se remaria avec une autre femme. Elle s'appelait NONA et il l'aimait beaucoup. Hina s'entendait bien avec sa belle-mere...
Hina se mit a frequenter un beau garcon Monoi here, qui habitait une caverne dans la montagne.
A la meme epoque un etrange malheur s'abattit sur la population: des gens disparaissaient. On n'en retrouvait aucune trace. Tout le monde avait peur. Tous chercherent l'ennemi invisible qui decimait peu a peu la communaute du village.
Nona devint severe. Quand son mari etait parti, elle faisait travailler durement Hina, elle la battait.
Un jour, en passant derriere chez lui, l'homme decouvrit des ossements humains mal dissimules: c'etait ceux des habitants disparus. Il devina que sa femme etait responsable: c'etait une sorciere!
Tout honteux, il ne dit rien aux autres. Mais quand il partait a la peche, il enmenait Hina avec lui. Il la cachait dans un arbre au bord de la mer. En l'attendant, elle chantonnait: "mon papa peche des poissons, pour nous deux, les bons poissons, il les rapportera pour le "Aito" Monoi here, le garcon et Hina la fille".
Mais un jour, ils furent suivis et espionnes par la sorciere...Le soir suivant, Nona alla a la caverne du jeune garcon. Elle le tua et le mangea. Hina vint plus tard. Elle appela. Personne ne repondit. Inquiete, elle alla chercher son pere. Comme ils approchaient de la grotte, ils virent la sorciere qui en sortait. Ils se lancerent a sa poursuite...
En on ne les revit plus jamais.
A Raivavae, on dit que certaines pierres dans la montagne ont des formes curieuses. On murmure qu'il s'agirait de Hina, de son pere et de la mechante belle-mere.
Et nous voila evoquant le sujet de la peche. En regle generale, les polynesiens ont toujours peche dans leur lagon (seuls les Marquisiens, en absence de lagons, se montrent plus retissants face a l'element liquide plus hostile). Mais depuis 1994, comme beaucoup d'iles, Raivavae est touchee par la Ciguatera, cette maladie qui contamine certaines especes de poissons, mangeurs de corail, comme les perroquets, les mulets, les soleils, et puis viennent ensuite les caranques et les merous a eviter aussi. Un seul pecheur professionnel et un ou deux autres "passionnes" de la peche au gros ont pris le "destin" des Raivavae en main, en quelque sorte, en partant au large, pecher la thon jaune, le thazars, le marlin ou l'espadon, le mahi mahi (la daurade coryphene) selon les saison. A l'interieur du lagon, les sorties en pirogues (la pluspart motorisees aujourd'hui) restent traditionnelles (sauf le dimanche!) entre hommes ou en famille pour la recolte des coquillages (benitiers, turbos) la peche au poulpe ou aux langoustes, ramasser des cocos sur les ilots (leur "residence secondaire" de l'ete) ou bien pour transferer d'une cote a l'autre des gros tas de feuilles seches de babaniers et de cocotiers pour les tarodieres.
L'esthetisme a toujours beaucoup d'importance, surtout chez les polynesiens. T'Serstevens aimait dire "La vahine n'aime et ne respecte que l'homme "fort", c'est a dire physiquement fort. Seule l'apparence physique compte-ou, dans un autre registre, la richesse exterieure." Cette phrase est encore, sinon plus, un demi siecle plus tard ou les subventions debordent en tout sens dans les menages, chargee de sens!
Le nom "aito Monoi here" donne au garcon, ne peut pas laisser indiferent! "Aito" veut dire "champion" mais aussi "l'arbre de fer" (le filao) au bois tres dur! Il est dit que les plus vigoureux des enfants masculins etaient eleves pour etre des guerriers, leurs organes genitaux etant masses avec des monoi speciaux et parfumes afin de leur donner courage et virilite! "Here" signifie l'Amour...C'est beau!
Devons nous supposer qu'un certain canibalisme existait ici aussi,comme aux Marquises? Rites lies aux traditionelles ceremonies sur les mara'e? Cet aspect n'est pas evoque dans les differentes etudes qui se concentrent essentiellement sur les celebrations destinees a eveiller les sens et l'incitation a la copulation (toujours en vue de reclamer une bonne recolte et une abondance d'enfants)
LA LEGENDE DE RAUTI PIHAE (le peureux) par Pauline Pomarae
Autrefois, les gens des Tuamotu sont arrives a Raivavae sur l'ilot "Vaiamanu". Ils etaient diriges par un chef guerrier TANIHIA qui etait tres fort. Il dit a ses guerriers d'aller inviter les gens de Raaterau a un tamaaraa. Les habitants de Raaterau, village pres de Vaiuru accepterent l'invitation. Une fois arrive sur l'ilot, le chef dit a ses guerriers de porter les pirogues avec les passagers au milieu de l'ilot ou ils tuerent les gens de Raaterau. Pas un n'en rechappa.
Mais a Raivavae, il y avait deux heros qui habitaient a Taamora; ils s'appelaient Ronouri et Ronomatoerau. Ronomatoerau avait une femme des Tuamotu qui pour l'endormir lui chercha des poux. Mais un "Ivi" lui chanta qu'il s'etait passe quelque chose de grave a Raaterau. Alors les deux freres s'y rendir et furent etonnes de ne voire personne.
A ce moment la apparut un guerrier nomme "Rauti Pihae", ce qui signifie "peureux"; il s'etait cache dans l'herbe appelee "Vauvau" et il leur apprit que les Puamotu avaient massacre les gens de Raaterau. Les deux freres eurent l'idee de preparer un tamaaraa sur la montagne; ils prirent du rauti jaune et tresserent une couronne qu'ils mirent autour de la colline. Ils attacherent leurs lances sous leur pirogue, et se rendirent sur Vaiamanu.
A quelques metres de l'ilots ils sauterent dans la mer et pousserent leur pirogue vers la plage. Ils resterent dans la mer pour faire croire qu'ils etaient petits. Quand Tanihia vint, il frappa sur leur front et dit "vous etes des heros?". Ils repondirent que "non. Nous tetons encore notre mere." "Que voulez vous?" "Nous venons vous inviter au tamaaraa." Tanihia accepta et les deux freres lui donnerent l'ordre suivant:"vos pirogues viendront les unes apres les autres, quand la premiere pirogue sera arrivee, la deuxieme partira et ainsi de suite."
Entre temps, les deux freres avaient demande du secours. Quand les gens de la premiere pirogue arriverent a Raaterau, les guerriers des deux freres les tuerent et ainsi de suite. Mais Tanihia appercut des eclaboussures dans la mer et il leur demanda:"Qu'estce qui ce passe?" Ils repondirent:"ce sont les guerriers qui courent pour attraper des poissons pour le tamaaraa." Et ce n'etait pas vrai, ils etaient en train de tuer les Puamotu. Sur la derniere pirogue, c'est a dire celle des deux freres, il y avait: Tanihia, Pua nanao (ce qui signifie "tatouage sur les fesses") et Teehu. Arrives au milieu du lagon, Ronomatoerau donna un coup de coude a Teehu qu'il avait reconnu car il avait un papa Raivavae et une maman Puamotu. Teehu tomba dans la mer et nagea jusqu'a Vaiamanu; Ronomatoerau ne voulait pas que les gens de Raaterau le tuent.
Lorqu'ils arriverent sur la plage, les deux freres dirent que les invites doivent etre portes sur le dos, et ils porterent Tanihia et Pua nanao jusqu'au rocher sur la plage et les precipiterent dessus. Pua nanao fut tue tandisque Tanahia etait seulement blesse; il courut jusqu'a l'endroit ou Rauti Pihae s'etait recache. L'herbe etait tellement douce qu'il se reposa et s'endormit. Mais Rauti Pihae qui etait sous l'herbe prit sa lance et le tua. Alors il leur cria: "Admirez mon travail!"
Encore la guerre! Et toujours la guerre chez ce peuple que les premiers decouvreurs ont qualifie de "pacifiste"!
Sinon, le joli nom de Pua papa signifiant "tatouage sur les fesses" rappelle que l'art et le language du tatouage est rependu partout dans le Pacifique et si certains maintiennent, comme dans cette legende que Raivavae a ete colonisee en premier par les gens des Tuamotu, nous devrions voir aujourd'hui bien plus de tatouages sur les corps et les visages. Contrairement aux Marquisiens, et aux Puamotu, les Raivavae sont bien pauvres en tatouages.
LA LEGENDE D'UNE OROVARU par Celestine Flores
Une fois, les Orovaru vivaient dans les profondeurs de la terre et sortaient principalement la nuit pour chercher leur nourriture. Elles se nourissaient dans les plantations de taro , de manioc,... Quelques fois, les betes des cultivateurs disparaissaient subitement. Selon certains temoins, les griffes de ces mysterieuses Orovaru avaient la longueur d'un petit couteau.
Apres tant de miseres inexplicables, les cultivateurs passerent aux actes. Ils preparerent un grand filet fabrique a l'aide de "aha" (bourres de coco sechees et tressees finement. Ils attacherent ce grand filet au dessus d'un trou suppose etre la sortie des Orovaru. Apres plusieurs nuits d'attente, dans l'obscurite la plus totale, une Orovaru sortit de sa taniere, les cultivateurs lacherent leur filet. La creature fut capturee et trainee au village. Presque toute la population avait participe a la capture. Elle fut attachee solidement sur le tronc d'un cocotier et ses griffes furent coupees.
Cet etre ressemblait a une femme aux longs cheveux, montrant un air farouche et sauvage.
Depuis cette date, les plantations reprirent et les animaux ne disparurent plus. Cependant, la population continuait a nourrir la creature capturee mais autrement: on lui apportait du poisson et tout ce qui etait entame dans le village.
L'agriculture, qui est un bien grand mot pour cette petite ile, est reduite plutot au jardin familiale. Elle est, etait, et sera toujours, avec la peche, l'activite dont les Raivavae tirent l'essentiel de leur subsistance, meme si la baguette de pain livree tous les matins, les boites de concerves, le riz et les pates, concideres comme produits de premiere necesite viennent se rajouter au menu. Les parties marecageuses de l'ile sont plantees de taro. Les tarodieres qui necesitent au depart, un labourage de la terre et une protection des jeunes plans avec des couches croisees de feuilles seches de cocotiers, ainsi qu' une irrigation importante, represente un travail physique, un bon echauffement matinal des muscles avant les coups de pagaie de l'apres-midi sur le lagon! En dehors du taro, c'est aussi la culture du manioc et de la patate douce. Toutes les anciennes richesses de l'ile, a savoir les orangeraies et les cafeiers sont atteints aujourd'hui par la mouche des fruits orientales, ce qui a stoppe net toute exportation et donc toute culture, les orangers, les cafeiers, ainsi que les pamplemoussiers, les citroniers croulent sous les fruits, au demeurant delicieux et tres juteux.
Certains Raivavae s'essayent a un peu de legumes europeens, mais pourquoi vouloir changer les regimes alimentaires, d'autant plus qu'il est plus delicat de faire rougir une tomate que de laisser grossir tout seul un tubercule. Et si les problemes d'obesite et de diabete sont alarmants a l'heure actuelle, c'est bien parce que l'Europeen a eu la chic idee un jour d'exporter le cornef beef, le pain, le riz et les pates, les sucres et les sodas de toutes les couleurs et autres. Nous n'avons de ce fait aucune lecon a donner a personne et ne pouvons nous feleciter du desastre.
Au sujet des animaux, de tres nombreux cochons, des noirs, des roses, des bruns et des "dalmatiens", attaches par une patte a un cocotier ou a un miro au bord de la mer, profitent de la vue imprenable sur le lagon. Des poules et des coqs courent partout sur l'ile, de l'espece "dur a cuire"! Les chevres sont en liberte sur les cretes et vivent en petits troupeaux. On a entendu dire que deux vaches a cornes venaient d'etre relachees dans la nature, legende ou realite, on ne les a point vu, lors de nos balades. Le troupeau s'agrandira-t-il?
mardi 15 janvier 2008
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