vendredi 18 janvier 2008

Tenglo

Coucou!
Voila un petit blabla sur notre balade sur l'ile Tenglo, a deux brasses de nous, avec photos, s'il vous plait, du luxe!
Un marnage de sept metres, aujourd'hui, autant dire que notre "trou" est un vrai "trou"! Ce matin, a huit heures, lorsqu'on a passe la tete en dehors de la bulle, houps! le paysage avait change! A ce demander si la quille ne touchait pas le fond! Les bateaux de peche sortant remontaient deja le courant, les mouettes se laissaient porter paresseusement et les cormorans sur les bouees, les pattes et les plumes bien au sec regardaient le flux qui s'accelerait deja entre nous et l'ile Tenglo... La nature et nous meme, au fond de notre trou se reveillait tranquillement, humant l'air qui s'annoncait agreable... Une matinee presque estivale, avec un leger vent du sud qui ramene fraicheur et soleil. Et Inia, heureuse d'etre en eau, malgre tout, sa mise en cale seche etant finalemnt reportee a fin aout prochain.
Il etait dit aujourd'hui, que nous verrions l'horizon!
Nous avons mis le kayak a l'eau, enfile les bottes et en trois coups de pagaies, nous nous sommes retrouves de l'autre cote du bras de mer, sur l'ile Tenglo...voici un mois et demi presque que nous la lorgnons, cette ile...enfin, nous nous decidons a nous y promener.
Nous avons remonte jusqu'en haut de la plage de petits caillous gris le kayak, attache a un anneau rouille du plan incline et en avant, les petites mulles, car il fallait porter quand meme les cires, les combi(s). et le bidon etanches... Pas bien lourd, tout ca!
Cette ile est un havre de paix, un petit coin de campagne a deux pas de notre cote plus civilisee et plus polluees par les passages des innombrables bus et taxis qui crachent noir sur la route en contre-haut (la, a ce niveau, on apprecie notre trou! les 100 m de denivele nous protegent un peu et du bruit et des gaz d'echappement! ).
Des fleurs, des arbres, des friches couvertes de graminees, des vergers: pommiers evidemment, le pommier pourrait etre l'arbre national... Compote pour les chaussons aux pommes, une recette ancestrale...Dommage, pas de cidre, ni d'eau de vie!
Et puis, beaucoup, beaucoup d'oiseaux et des bien jolis...On a essaye de les photographier, mais ca ne donne rien.
Et puis beaucoup, beaucoup de ronces avec des mures, on en a ramasse un kilo. trois pour la confiture... On se demande comment on arrive encore a trouver des pots vides sur le bateau!
Un charmant petit chemin de cailloux nous a amene jusqu'en haut de l'ile a travers une vegetation d'arbustes qui s'est transformee en foret d'eucalyptus; le silence, a part les oiseaux et les criquets... Deux ou trois boeufs, deux ou trois maisons de bois isolees avec des chiens qui n'ont pas l'habitude de voir grand monde, des hommes qui fendent le bois a la hache et des femmes derriere les verandas de leur coin cuisine, du linge qui seche au grand air du plateau et qui prend des parfums non pas de lavande mais de graminees.
Et puis l'horizon! Quel plaisir de voir au-dela de cette ile qui nous bouche la vue losqu'on est dans notre "marina", mais qui nous protege si bien.
Tres fumeux, l'horizon, la cordilliere est a peine visible, mais peu importe, c'est un horizon liquide, la mer, la mer...!
On a pu faire une boucle, un autre petit chemin nous a redescendu au niveau de l'eau, du cote du canal ou nous sommes, encore des maisons pourries et tres sales, avec tous les dechets qui sont jetes par terre dans le chemin, meme pas brules... On peut etre pauvres et propres, les animaux sont cent fois plus propres que l'homme... Les chiliens sont particulierement sales, il n'y a qu'a voir les bords des fosses et le bord de mer, pauvre pays, pauvre planete.
De l'autre cote du "canal", on ressent beaucoup de frenesie et d'agitation, peut-etre parce qu'on est pres d'une grande ville, des personnes, un pays qui essaye de rattraper quelque chose, qui veut combler un retard, qui veut oublier un passe...
Les barques et les petits bateaux de peche sont encore couches sur la greve, mais plus pour longtemps, la maree remonte vite maintenant. Nous apercevons l'entree du goulet emprunte il ya un mois et demi se remplir, s'elargir. Sur le sentier de bord de plage qui nous mene jusqu'au kayak, l'ambiance est tres campagnarde avec les vergers, encore, les potagers et meme quelques moutons a tete noire dans un jardin... On a cueilli quelques feuilles de blettes qui ont echapees a la cloture pour se semer a tout vent librement, les pissenlits, se sera pour la prochaine sortie!...
Cette ile offre de belles balades et c'est facile d'y aller, on prendra le pique-nique. On mesure encore notre chance d'avoir cette liberte de se deplacer sur l'eau, d'etre autonomes pour acceder a des endroits peu visites par les touristes terriens.
Cet apres-midi, la confiture a embaume l'interieur du bateau, quel parfum! On avait peur qu'elle soit un peu "aigualouse" a cause de la pluie d'hier. Elle est bien bonne.
Les peupliers ont entamne leur changement de couleur. Haie! Haie! Haie! En parlant d'ail, celui de Chiloe que je vous ais envoye en photo est non seulement tres gros, mais en plus tres bon et tres juteux!
Bisous Bisous! et bonne haleine!

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